La violence de Boltanski ne consiste pas à nous mettre face à l'horreur de la Shoah. La violence de Boltanski c'est cette capacité qu'il a à venir chercher tout au fond de nous notre sentiment profond de ce qui est inhumain.
Si vous entrez un soir dans la nef très -volontairement- froide du Grand Palais, si vous êtes bien disposés, vous serez pénétrés de l'impact de ces installations. Il ne s'agit pas de nous montrer des images concrètes de la mort automatique, mais de nous mettre face aux traces de cette tendance de l'Homme.
Nous sommes libres alors de suivre les cailloux blancs de Boltanski ou de les laisser là. Mais si nous nous laissons guider, alors le temps sera suspendu aux mouvements saccadés de cette machine géante remuant la matière inerte. Violence est le mot lisible sur toutes les lèvres de ceux qui restent médusés à ses pieds. Une violence plutôt douce, mélancolique, qui nous pousse ensuite à errer dans les allées, enveloppés par le brown-rown-rown qui résonne mi-mécanique, mi-organique. Puis à ressortir, et à s'empresser de rire, de quelque chose, de n'importe quoi, juste pour rire, juste pour vivre.
Monumenta 2010, au Grand Palais, du 13/01/10 au 21/02/10.
Attention, le site de l'exposition montre des photos des installations en home page (à éviter si vous compter aller voir l'expo) : http://www.monumenta.com/2010/
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